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France Stratégie et la Dares publient une étude prospective "Métiers 2030"

France Stratégie* et la Dares** viennent de publier la Prospective des métiers et des qualifications (PMQ) « Les Métiers en 2030 ». Cette publication met en exergue, à l’appui d’un panorama chiffré, les grandes évolutions, perspectives et tendances qui façonneront le marché du travail et l’emploi à l’horizon 2030.

Tenant compte des changements de comportement liés aux bouleversements économiques et sociaux avec la crise sanitaire, mais aussi des enjeux induits par les questions climatiques et les efforts qui seront déployés d’ici 2030 s’agissant de la lutte contre le réchauffement climatique, ce rapport de prospective nous livre une vision éclairée des impacts à moyen terme sur la dynamique de l’emploi.

En termes de méthode, les auteurs se sont appuyés sur plusieurs scénarii macroéconomiques « post-crise », dont l’un d’entre eux repose spécifiquement sur les évolutions démographiques et macroéconomiques en termes de population active, de gains de productivité, de contexte international (hors crise ukrainienne) et de politiques mises en œuvre.

Les principaux enseignements de cette étude prospective peuvent ainsi être divisés en 4 parties :

  • 1 - Les créations d’emplois
    Quelque 1 million d’emplois seraient créés sur la période 2019-2030, dont 2/3 pour les services marchands. On note par ailleurs que la tertiarisation de l’économie se poursuivrait, avec un redressement des emplois industriels, tandis que l’emploi dans le secteur agricole poursuivrait son fléchissement.
    Dans le top 5 des prévisions de métiers en plus forte expansion entre 2019 et 2030, nous retrouvons dans l’ordre croissant : les ingénieurs de l’informatique, les infirmiers et sages-femmes, les aides-soignants, les cadres commerciaux et technico-commerciaux, et enfin les aides à domicile
  • 2 - Les métiers et les niveaux de diplôme
    Parmi les 5 métiers les plus dynamiques pour les diplômés du supérieur sur la période 2019-2030, nous retrouvons en pole position les cadres commerciaux et technico-commerciaux qui devraient accueillir 125 000 diplômés du supérieur en plus d’ici 2030, représentant alors 83% des effectifs du métier selon les estimations. Suivent ensuite les ingénieurs de l’informatique avec 120 000 diplômés du supérieur en plus, puis les infirmiers et sages-femmes, les cadres des services administratifs, comptables et financiers, ainsi que les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie.
  • 3 - Les métiers qui recruteraient le plus
    On dénombrerait près de 800 000 postes à pourvoir chaque année d’ici 2030, dont près de 90% liés aux départs en retraite. Les 5 métiers comptant le plus de postes à pourvoir sur la période de référence 2019-2030 concerneraient dans l’ordre, les agents d’entretien avec 490 000 postes à pourvoir, dont 30 000 créations nettes, puis viennent ensuite les enseignants avec 330 000 postes, les aides à domicile avec 305 000 postes, les conducteurs de véhicules avec 301 000 postes et les aides-soignants avec 290 000 postes à pourvoir, dont 110 000 créations nettes
  • 4 - Les déséquilibres potentiels et les difficultés de recrutement
    Les auteurs de cette étude distinguent 4 dynamiques caractérisant les difficultés de recrutement : l’accentuation, l’anticipation, le maintien et l’atténuation. Ainsi, pour la première dynamique, les auteurs alertent sur une faible attractivité des secteurs en tension aujourd’hui, tels que les personnels de ménage ou les conducteurs d’engins du bâtiment et des travaux publics par exemple, ce qui accentuerait les difficultés de recrutement. Les auteurs signalent également que certains métiers, comme les agents d’entretien ou les ouvriers du textile et du cuir, non confrontés à des difficultés pour recruter aujourd’hui, pourraient y être confrontés à l’avenir, et appellent ainsi à anticiper ces difficultés. Ensuite, les auteurs avancent que 2 métiers sur 5 seraient concernés par un maintien des difficultés de recrutement, essentiellement en raison du fait que l’accès et ces métiers et leur exercice nécessite des compétences spécifiques qui ne peuvent être obtenues que par une formation professionnelle initiale ou continue. C’est le cas des aides-soignants, ingénieurs et cadre de l’industrie, ou encore techniciens et cadres du bâtiment et des travaux publics par exemple. Enfin, les auteurs prévoient une atténuation des tensions actuelles que connaissent les secteurs de la banque et des assurances, de l’hôtellerie-restauration ou encore de la coiffure.

France Stratégie et la Dares prévoient d’enrichir au cours de l’année cette étude prospective, en mettant l’accent sur les besoins en compétences à l’horizon 2030. Une déclinaison régionale sera ainsi réalisée pour chaque métier présenté dans cette étude, permettant de mieux apprécier les disparités selon les territoires.

*Institution autonome placée auprès du Premier ministre dont l’objet est d’apporter une expertise et une analyse prospective sur les grands sujets sociaux, économiques et environnementaux.
**Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques.

A propos

Pour lire les résultats de cette étude prospective, cliquez ici

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