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Serge Pugeault : « Reconstruire l’économie par l’endogène »

A lui tout seul, le bassin d’emploi rémois génère plus de créations d’entreprises que les départements des Ardennes, de l’Aube et de la Haute-Marne pris séparément. Pour Serge Pugeault, qui est en charge du développement économique à Reims Métropole, il faut creuser le sillon de la création d’entreprise locale, sans évidemment négliger les apports extérieurs.

Le bassin d’emploi rémois, locomotive de la région ? C’est l’un des principaux enseignements que l’on peut tirer de l’étude réalisée par l’agence d’urbanisme de Reims, la Maison de l’emploi de Reims et Reims Métropole. Une entreprise champardennaise sur quatre est créée dans le bassin d’emploi rémois (c’est-à-dire l’agglomération + sa grande couronne). C’est plus par exemple que dans toute l’Aube (23,7 %). Le bassin rémois représente également plus de 57 % des créations d’entreprises enregistrées dans la Marne. Etant entendu que l’agglomération rémoise concentre 75 % des créations du bassin d’emploi rémois.

Entre 2003 et 2011, le taux de création (nombre de créations par rapport au stock d’entreprises) dans le bassin rémois est passé de 8 % à 15,7 %, grâce en particulier au régime de l’auto-entrepreneur. Ce taux reste toutefois inférieur à la moyenne nationale (18 %), même si l’écart est en train de se réduire.

La densification du bassin rémois est due à 85 % aux entreprises endogènes. En d’autres termes, seules 15 % des implantations sont le fait d’entreprises extérieures. Plus finement, 70 % des transferts opérés à Reims sont de simples relocalisations de sociétés qui y étaient déjà implantées.

La création d’entreprise est « silencieuse »

Pour le président de l’agence d’urbanisme et de la Maison de l’emploi de Reims, Serge Pugeault, il faut retenir la « dynamique » qui est à l’œuvre. « Malheureusement, la création d’entreprise est plus silencieuse que la disparition d’entreprise », observe l’élu. Celui-ci n’occulte pas les difficultés inhérentes au territoire. « Le bassin d’emploi rémois n’offre pas assez de main-d’œuvre qualifiée pour attirer les entreprises. » La raison ? « Nous sommes sur un bassin industriel où il était facile de trouver du travail. A l’époque, on n’a pas fait de gestion prévisionnelle des emplois ni suffisamment mis l’accent sur la formation parce que ce n’était pas nécessaire. » Conséquence ? « Nous n’avons pas pu répondre à la demande d’un grand cabinet comptable qui, pour s’implanter à Reims, avait besoin de 200 experts-comptables. » Moralité ? « Ce n’est pas parce qu’on a un fort taux de chômage, qu’on a un taux d’employabilité important. »

Considérant par ailleurs la cherté du foncier qui freine l’attractivité de l’agglomération et le fait « qu’on a presque asséché le bassin d’emploi avec les centres d’appels », Serge Pugeault considère qu’il faut « reconstruire l’économie par l’endogène ». « La création d’entreprise, c’est moins spectaculaire, mais on peut l’accompagner et ça muscle le tissu économique. »

Notre photo : Serge Pugeault (à gauche) lors de la présentation de l’étude le 28 juin 2012.

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aménagement / foncier / immobilier commerce conjoncture / études / statistiques création / reprise emploi / recrutement formation industrie Reims services / tertiaire

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