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Mesures gouvernementales en faveur de la compétitivité : ce qu’ils en pensent

Le gouvernement a présenté, le 6 novembre 2012, son train de mesures en faveur de la compétitivité des entreprises françaises. Parmi ces mesures, l’allègement de 20 milliards d’euros du coût du travail et une modification des taux de TVA. Qu’en pensent les principaux porte-parole des entreprises dans la Marne ?

Réunis le 7 novembre à la CCI de Reims et d’Epernay afin d’évoquer le lancement d’un laboratoire d’idées dans la Marne, les représentants des chambres consulaires et des organisations patronales ont également donné leur point de vue sur les mesures gouvernementales annoncées la veille. Voici leurs principales réactions, qui expriment des sentiments mitigés et des divergences d’opinions.

  • Jean-Paul Pageau, président de la CCI de Reims et d’Épernay (photo) : « Je suis très déçu. Quid par exemple de la réforme fiscale ? Ce n’est pas au monde du travail de supporter tout le poids du coût de la santé et de la retraite. Quid de la réforme du droit du travail ? Il n’y a que la gauche qui puisse la faire, pas la droite. Si la gauche ne la fait pas, on perd une chance formidable. »
  • André Deslypper, président du Medef Marne : « C’est une évolution significative, une bouffée d’air pour les entreprises. Je regrette cependant qu’il n’y ait pas d’allègement de charges immédiat. Attention aussi aux procès d’intention. Les entreprises ont certes des comptes à rendre, mais souvenons-nous que la moitié d’entre elles ne font pas de bénéfices. »
  • Luc Mourot, président de la CGPME Marne : « Cela va dans le bon sens, mais c’est moins qu’attendu. On a aussi monté une usine à gaz, alors qu’on aurait pu faire plus simple. Quant à la TVA à 7 % qui passe à 10 %, ce sont les franco-français qui vont la supporter. »
  • Christian Blanckaert, président de l’UPA régionale : « L’UPA regrette le manque de profondeur des propositions gouvernementales. Il n’y a pas par exemple de réforme de la protection sociale. C’est une occasion ratée. Il y a certes une réduction du coût du travail, mais le bâtiment et la restauration seront pénalisés par la hausse de la TVA, notamment par rapport aux auto-entrepreneurs. Les entreprises vont moins embaucher, voire supprimer des emplois. »
  • Michel Boulant, président de la chambre de métiers et de l’artisanat de la Marne : « Vingt milliards d’euros de baisse du coût du travail, j’attends de voir. Je regrette aussi qu’encore une fois on fasse passer l’argent avant l’être humain. »
  • Régis Jacobé, 1er secrétaire adjoint de la chambre d’agriculture de la Marne : « C’est un plan insuffisant. Le choc de compétitivité est reporté. Le coût de la protection sociale pèse essentiellement sur le monde du travail : c’est insupportable pour les entreprises et les salariés. Nous demandons l’instauration d’une TVA sociale. »
  • Alain Geiss, secrétaire adjoint de la CCI de Châlons-en-Champagne : « Ces mesures vont dans le bon sens. Concernant les auto-entrepreneurs, ce régime est un succès. Mais les entreprises ne sont ni maîtrisées ni suivies. Il faudrait qu’elles puissent s’adresser aux centres de gestion. »

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CCI conjoncture / études / statistiques Marne

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