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Economie régionale : 2011, année du redressement

L’enquête annuelle de la Banque de France sur l’activité des entreprises montre une année 2011 dynamique au 1er semestre en Champagne-Ardenne, mais ralentie au 2nd semestre. On observe que les sociétés qui exportent tirent leur épingle du jeu. En revanche, les travaux publics risquent de pâtir en 2012 des difficultés de financement des collectivités locales.

A la fois bilan de 2011 et tentative de prévision pour 2012, l’enquête de la Banque de France se base sur le témoignage de 650 entreprises de la région. Les trois secteurs retenus dans l’étude — l’industrie, la construction et le transport de marchandises — pèsent environ pour moitié dans l’économie champardennaise.

Ces trois secteurs ont connu une hausse de leur activité en 2011 : +7,9 % pour l’industrie, +3,8 % dans le BTP et +8 % dans le transport de marchandises. Les effectifs ont légèrement augmenté, malgré un léger tassement dans le secteur de la construction. L’investissement s’est nettement redressé dans l’industrie (+26,8 %), mais a chuté dans la construction (-6,3 %) et le transport de marchandises (-10,4 %).

Pour 2012, tous les indicateurs sont négatifs dans la construction. Alain Debiasi, directeur régional de la Banque de France, souligne que « le trou de financement des collectivités locales (il manque 18 milliards d’euros au niveau national) aura des répercussions sur les travaux publics ». Les transporteurs ne sont guère plus optimistes. Seuls les industriels tablent sur une légère croissance de leurs chiffres d’affaires et de leurs investissements, tandis que l’emploi enregistrerait une certaine érosion. Cependant tous les espoirs restent permis, puisque l’activité en 2011 en Champagne-Ardenne a été meilleure que prévu.

Alain Debiasi observe que « les entreprises qui exportent tirent parti d’une demande extérieure forte » et que notre région profite de la bonne santé de l’Allemagne.

Les banques font crédit

Le directeur régional de la Banque de France réfute par ailleurs l’idée que les banques ne joueraient pas le jeu auprès des entreprises : « Le robinet du crédit n’est pas fermé. Simplement, les banques sont plus sélectives, elles regardent de plus près les comptes sociaux et le prévisionnel de leurs clients, et elles apprécient qu’on leur présente un dossier solide et transparent. Une banque, qui est aussi une entreprise, n’est pas là pour financer des pertes. »

Les banques champardennaises affichent même un taux de distribution de crédits supérieur à la moyenne française, mais « c’est dû au poids moins important du secteur public et des grandes entreprises, qui vont se financer sur les marchés financiers »

Un point reste préoccupant dans la région : le niveau de surendettement des ménages, lui aussi supérieur à la moyenne.

(Notre photo : Alain Debiasi lors de la présentation de l’étude, le 9 février 2012.)

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