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Daniel Karyotis, le banquier qui aime les entreprises

Ancien président de la Caisse d’Epargne de Champagne-Ardenne, actuel patron de la Banque Palatine, Daniel Karyotis a écrit un petit livre intitulé La France qui entreprend. Il s’y fait le chantre d’une politique industrielle plus vigoureuse, comme on a pu le constater lors de la dernière AG de la CCI dont il était l’invité d’honneur.

Les Français n’aiment pas l’économie en général et leurs entreprises en particulier. Le modèle industriel qui a fait notre succès s’est essoufflé. Un banquier a autant de légitimité qu’un politique à parler de l’entreprise. C’est en s’appuyant sur ce triple postulat que Daniel Karyotis a décidé de prendre la plume.

L’ancien banquier rémois fait le constat que « notre politique industrielle, construite autour de grands groupes, ne peut plus faire la course à la taille avec les Chinois », et est par conséquent vouée à l’échec. Daniel Karyotis prône donc le développement d’entreprises de taille intermédiaire, comme en Allemagne, car elles ont « la souplesse et la flexibilité » nécessaires pour s’adapter au monde.

La désindustrialisation : pas une fatalité

Comment favoriser leur essor ? En renforçant leurs fonds propres (le Fonds stratégique d’investissement – FSI – doté de 20 milliards d’euros n’est actuellement utilisé qu’à hauteur de 4,5 milliards d’euros) et en multipliant ce type de fonds. En facilitant le regroupement des entreprises : « Attaquer seul le marché chinois, c’est impossible. » Enfin en encourageant les spin-off, cette technique qui permet notamment aux grands groupes de se délester de certaines filiales.

Pour le président de la Banque Palatine, c’est clair, « la désindustrialisation n’est pas une fatalité ». A l’en croire, les banquiers jouent le jeu : « Les banques françaises financent plus de 80 % des projets d’investissement », ce qui est largement plus que dans beaucoup d’autres pays. D’ailleurs, observe-t-il, de plus en plus de banques, crise oblige, se replient sur leur marché domestique. Daniel Karyotis les encourage à « réduire encore leur activité de marché et leur activité à l’international » pour financer davantage les entreprises. « Il faudrait injecter 200 milliards d’euros dans les entreprises de taille intermédiaire. »

A propos

« Il y en a marre du CAC 40, ose affirmer Daniel Karyotis. On ne parle que de ses entreprises, alors que la France a des leaders mondiaux que l’on ne connaît même pas. » Et de citer l’exemple du groupe Altrad, une PME reprise par un immigré et devenue en quelques années un géant de la vente et de la location de brouettes, de bétonnières et d’échafaudages.

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CCI conjoncture / études / statistiques industrie

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