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Clone, rebelle ou leader… Quel manager pour réussir dans l’incertitude ?

De nombreux managers et dirigeants d’entreprise ont écouté avec attention Olivier Pelleau, associé gérant de Turning Point, coach de dirigeants et professeur de philosophie, lors d’une conférence Campus Entreprises organisée par Sciences Po Reims, sur le thème du leadership.

Après avoir planté le décor – un contexte économique et politique incertain ; une complexité croissante de l’écosystème ; un rythme accéléré – Olivier Pelleau a vite balayé les premières tentations de réaction du manager : être un « clone », conformiste et qui ne prend pas de risque, ou être un « rebelle » qui s’oppose, bouscule l’organisation mais ne construit rien de concret, ou encore être un « cynique » qui sous des dehors politiquement corrects au fond ne croit pas en son entreprise.

Bien sûr la tentation la moins aisée est celle du leader qui est selon Olivier Pelleau : « celui qui est capable d’ouvrir les portes vers l’extérieur, ce qui n’est pas défini et maîtrisé, vers l’avenir. » Et pour rassurer son auditoire il emprunte un proverbe oriental pour dire que chacun peut devenir leader s’il le souhaite : « Il n’y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile, il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel. ». Mais pour cela il faut développer et équilibrer de manière permanente quatre qualités : ouverture (capacité à s’ouvrir à la différence) versus persévérance (capacité à agir dans la durée, à rebondir), affirmation (donner sa vision) versus humilité (pas d’arrogance). Ajouter à cela une bonne dose de questionnement et de prise de décision et vous avez un leader qui peut emmener plus loin, plus haut son entreprise.

Olivier Pelleau cite en exemple le directeur général d’une société de crédit à la consommation florissante en 2006 qui a su pousser son équipe de direction à réfléchir au-delà des bons chiffres. Après plusieurs mois il est apparu que la société devait investir dans le crédit en ligne et remplacer toutes ses agences régionales par des centres d’appels. Une décision qui fut prise sans heurts bien en amont de la crise financière de 2008 et que l’on peut qualifier de visionnaire puisqu’elle a permis de sauvegarder l’entreprise et l’emploi. Comme Olivier Pelleau l’explique : « les équipes ne suivent pas une fonction, elles suivent des hommes et des femmes qui incarnent une vision et s’y engagent avec conviction. » En cela il s’éloigne du manager technicien et compétent qui en ces temps d’incertitude ne suffit pas donner du sens, à innover, développer l’entreprise sur le long terme.

A propos

Le cycle des conférences Campus Entreprises de Sciences Po Reims ont lieu une fois par mois et portent de manière alternative sur des sujets d’entreprise ou de géostratégie.
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