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Résinoplast : le 33 tours retrouve des couleurs

Le bon vieux microsillon revient à la mode. Une aubaine pour la PME rémoise, qui avait continué à produire la matière première servant à sa fabrication.

C’est l’histoire d’une résurrection : celle du 33 tours, ce disque en plastique noir antérieur au numérique. Quasiment abandonnée au début des années 1990, sa production redécolle. Or il se trouve que sur les 90 millions de disques produits dans le monde annuellement, environ un tiers le sont avec des granules vinyliques fabriqués à Reims par Résinoplast ! « Nous venons de doubler nos volumes ces trois dernières années », se félicite Jérémy Dauchin, le directeur général de l’usine.
Cette PME de 122 salariés, présente à Reims depuis 1972, a eu la prescience de continuer à produire les petits bouts de plastique servant à fabriquer les disques vinyles. Elle a même acquis récemment une ancienne presse à disques américaine pour presser elle-même des disques à l’unité lui servant à étudier toutes sortes d’innovation.

Plus d’un tour dans son sac

Car en retrouvant une seconde jeunesse, le 33 tours est aussi en train de se réinventer. Après avoir créé des disques de toutes les couleurs, Résinoplast a lancé des vinyles transparents ou qui brillent dans le noir. L’entreprise a même embauché une ingénieure chargée de mettre au point un disque qui diffusera des odeurs ou qui changera de couleur à la lecture ! Le tout avec la même qualité d’écoute que le numérique… « Nous voulons faire un objet beau et durable, avec une parfaite qualité de son », résume Jérémy Dauchin.
Alors que la production de vinyle destinée au marché du disque était tombée au plus bas, elle assure aujourd’hui 20 % environ du chiffre d’affaires de Résinoplast. Soit l’équivalent de 5 000 tonnes de produit sur un total de 30 000. L’automobile (50 %) et le bâtiment (30 %) restent les deux grands secteurs d’activité de l’entreprise. La PME rémoise livre aux plus grands constructeurs automobiles, allemands en particulier, la poudre qui servira à donner un aspect cuir aux planches de bord de 3 millions de véhicules par an.

Frédéric Marais

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