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Gantois à Fismes : la reconquête est en marche

C’est une renaissance qu’est en train de vivre l’entreprise Gantois à Fismes. Après deux plans sociaux, une liquidation judiciaire, un rachat en 2011 et une partition en trois sociétés, le fabricant de grillages, de clôtures et de fils relève la tête. Sous le nom de Gantois Clôtures. Le travail de reconquête a démarré, y compris dans la Marne, où l’entreprise reste méconnue.

« On ne vend pas un kilomètre de clôture dans la Marne » : il en sourirait presque, le directeur de l’usine, Arnaud Liévin (photo ci-dessus). Peut-être l’entreprise fismoise traîne-t-elle encore les « casseroles du passé : un outil industriel vieillissant, un management à l’ancienne, un état d’esprit défaitiste ». « Les compteurs de l’usine étaient restés bloqués dans les années 1960 », résume dans un langage imagé le patron du site.

La reprise en 2011 par Experton-Revollier, un groupe familial français d’une totale discrétion qui est pourtant le premier transformateur indépendant d’acier du pays, a redonné vie à la PME. Elle y a laissé au passage 30 % de ses effectifs, en majorité des départs volontaires, mais a conservé son savoir-faire, sa réputation de qualité made in France, sa notoriété et son emblème, un rhinocéros. Un symbole qui l’invitait à foncer droit devant.

Ce que la nouvelle direction a fait, guidée par un mot d’ordre absolu : « Saturer l’outil de production », qui ne tourne actuellement qu’aux deux tiers de ses capacités. Celles-ci sont de 10 000 tonnes par an, alors que les expéditions ont plafonné à 6 500 tonnes en 2012. Un constat qui rend plausible l’objectif de Gantois Clôtures d’atteindre les 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013, 4 de plus que l’an dernier.

Unique fabricant de fil

Fort de ses 75 salariés et de ses 9 intérimaires, Gantois Clôtures maîtrise de A à Z sa chaîne de fabrication et est complètement autonome. « On est les seuls en France à fabriquer notre propre fil, signale par exemple Arnaud Liévin. Nous vendons même 50 % de notre production de fil à nos concurrents, ce qui nous permet aussi de maîtriser le marché. »

L’usine fabrique des clôtures, du grillage soudé, des poteaux, des portails et portillons, des gabions, mais elle n’assure pas la pose, sauf exceptions. Ses métiers ? Le tréfilage, le tissage, la galvanisation, l’électro-soudure, le parachèvement et le thermo-laquage. Elle a d’ailleurs investi l’an dernier 700 000 euros dans une ligne de plastification. Ses clients ? Des poseurs de clôtures, des distributeurs, des grandes surfaces de bricolage. Gantois exporte environ 5 % de sa production, en Europe et au Maghreb.

Développer le fil de vigne

Sa marge de progression est importante, puisque la PME marnaise ne détient que 4 % de parts de marché sur le territoire national (avec une autre société du groupe Experton-Revollier), sachant par ailleurs que la France couvre 75 % de ses besoins en clôtures par des importations.

On l’a dit plus haut, Gantois est aussi en quête de reconnaissance locale. « On ne vend rien dans la région », regrette le directeur commercial, Frédéric Agnes. Paradoxalement, l’entreprise a plus de visibilité à Lille ou à Marseille par exemple. Développer la production de fil de vigne peut l’aider à rayonner localement. Une visite telle que celle organisée par la CCI le 15 février 2013 contribuera aussi sans doute à installer son image dans l’opinion.

A propos

Liquidé en 2011, Gantois SA a été racheté par trois repreneurs différents et a éclaté en trois entités indépendantes : Gantois Industries à Saint-Dié-des-Vosges (toiles métalliques et tôles perforées) ; Tissmétal (toile métallique, tapis transporteurs et grilles de criblage), dont l’unité rémoise avait été rapatriée sur le site de Gantois à Fismes à la suite d’une fusion-absorption, site qu’elle va d’ailleurs quitter pour emménager dans une usine neuve à Guignicourt dans l’Aisne ; et enfin Gantois Clôtures, qui disposera bientôt pour elle seule d’une immense usine de 45 000 m2, dont 15 000 couverts.

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