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PIB : le paradoxe champardennais

Les chiffres communiqués par l’Insee ne sont pas bons : la Champagne-Ardenne a été la région la plus touchée par la crise derrière la Haute-Normandie. Son PIB par habitant et par emploi reste pourtant élevé. Sa productivité… et la baisse démographique lui sauvent la mise. Du moins en apparence.

La Champagne-Ardenne cultive toujours le même paradoxe : un PIB (produit intérieur brut) par région qui la classe 17e sur 22, mais un PIB par habitant qui la hisse à la 8e place et un PIB par emploi à la 6e place (chiffres 2010). L’Insee, qui organisait le 29 octobre 2012 une conférence de presse sur le thème de la croissance économique, avance deux explications. D’abord la bonne productivité des Champardennais, qui se reflète dans le PIB par emploi. « L’agriculture est très productive, et le champagne demande peu de main-d’œuvre », souligne le directeur régional de l’Insee Patrick Redor.

Des richesses mal redistribuées ?

Seconde raison : la baisse démographique compense mécaniquement le net recul du PIB observé en Champagne-Ardenne entre 2008 et 2010. Notre région ayant d’ailleurs été celle où l’on a enregistré le plus fort recul du PIB durant cette période, à l’exception de la Haute-Normandie et de l’Ile-de-France. On ajoutera une troisième explication, de la bouche même du directeur régional de l’Insee, pour comprendre cette apparente contradiction entre un morne PIB régional et un flatteur PIB par habitant : « Le PIB par habitant n’est pas un indicateur de richesse. Il permet de mesurer l’activité productive, mais ne parle pas de la redistribution des richesses. »

Une industrie très exposée

Reste à comprendre pourquoi la Champagne-Ardenne a pâti plus que les autres de la crise. Principale explication, sa structure productive. Notre région est pénalisée par son industrie traditionnelle (métallurgie et plus spécialement l’automobile, textile, bois…), celle-la même qui est le plus frappée par la concurrence internationale. Son agriculture est certes florissante, mais elle a souffert d’années de récoltes et de vendanges défavorables.

Pas assez de tertiaire

Enfin, en affichant le plus faible taux de tertiarisation de l’économie de toute la France métropolitaine, la Champagne-Ardenne résiste moins bien aux aléas conjoncturels. Ses lacunes sont manifestes surtout dans le tertiaire marchand (commerces, services aux entreprises), tandis qu’elle fait presque jeu égal avec la France de province sur le terrain du tertiaire non marchand (l’administration). Certes, le secteur tertiaire poursuit son expansion en Champagne-Ardenne, à l’inverse des autres secteurs, mais moins que dans le reste du pays.

Le chômage s’envole, l’intérim s’affaisse

Conséquence de tout cela, c’est en Champagne-Ardenne que la situation de l’emploi s’est le plus nettement dégradée, avec le plus fort taux de chômage depuis 1998. L’intérim est à cet égard un bon indicateur sur l’état de santé de l’emploi, surtout industriel. Or il a chuté de 13 % en un an dans la région. « Il y a très peu d’embauches et un très fort attentisme de la part des chefs d’entreprise », analyse le directeur régional de l’Insee.

Pour accéder à l’enquête, cliquer sur ce lien, ou bien télécharger le document :

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A propos

Le PIB régional est estimé à 35 milliards d’euros, soit 1,8 % du PIB de la France métropolitaine.
Le PIB par habitant atteint 26.300 euros, soit 350 euros de plus en moyenne qu’en France de province.
Le PIB par emploi, qui mesure la productivité du travail, s’élève à 66.050 euros en Champagne-Ardenne.

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agro / viti commerce conjoncture / études / statistiques industrie international Région services / tertiaire

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