L’info éco dans la Marne

Créateurs d’entreprise en Champagne-Ardenne : plus de capital investi, plus d’emplois créés

Après avoir explosé en 2009 grâce au nouveau régime de l’auto-entrepreneur, la création d’entreprise tend à fléchir en France comme en Champagne-Ardenne, avec une tendance plus marquée en région. Il est vrai que celle-ci, partie de plus bas, avait grimpé plus haut plus vite, avec un point culminant en 2010. D’autres spécificités sont à souligner.

La création d’entreprise a décru de 8,9 % entre 2009 et 2011 en Champagne-Ardenne, contre 5,2 % dans le reste de la France. Cette baisse est encore plus nette si l’on défalque la part des auto-entrepreneurs (6 créations sur 10 aujourd’hui), puisque la chute atteint alors 11,2 %, quand elle reste contenue à 0,8 % sur l’ensemble du pays. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude présentée le 12 mars 2012 à Châlons-en-Champagne. Le directeur régional de l’Insee, Patrick Redor, en fait cependant une lecture optimiste : « Il y a eu un dynamisme plus marqué en Champagne-Ardenne qu’en France durant cette période. On peut considérer aussi que le meilleur taux de survie des entreprises en région compense un plus faible taux de création. »

Ce n’est pas la seule caractéristique de la région. Le créateur d’entreprise champardennais se singularise en effet sur un certain nombre de points (il s’agit bien sûr de moyennes) :

  • Il investit davantage d’argent : 17 % des créations nécessitent un apport supérieur à 80 000 euros, soit 4 points de plus qu’en France de province (Ile-de-France exclue).
  • Il crée ou maintient (si c’est un repreneur) davantage d’emplois : il démarre avec 2,5 emplois, contre 1,8 emploi en France.
  • Il est plus souvent un repreneur que dans le reste du pays : 2 points de plus qu’au niveau national. Cela explique d’ailleurs en partie pourquoi la mise de fonds au démarrage du projet est plus importante en Champagne-Ardenne, puisqu’il faut racheter le matériel, les stocks, la clientèle ou les locaux.
  • Il crée/reprend davantage dans l’industrie ou les secteurs du commerce (un quart des créations), du transport, de l’hébergement et de la restauration. Ce sont des secteurs capitalistiques qui expliquent eux aussi que l’investissement soit supérieur en amont. A l’inverse, il crée moins dans les activités juridiques, comptables et administratives, dans l’enseignement, la santé et l’action sociale, l’information et les télécommunications.
  • Il utilise moins les dispositifs d’aide nationaux tels que l’Accre ou Nacre (2 points de moins que la moyenne), mais bénéfice davantage des aides locales ou régionales (2 points de plus), surtout s’il est un ancien chômeur.
  • Il recourt davantage au crédit bancaire : 56 % le font, soit 6 points de plus qu’en France de province.
  • Il bénéficie plus souvent d’exonérations de charges sociales ou d’impôt (3 points de plus qu’en France).
  • Il suit plus souvent une formation. C’est le cas de 39 % des créateurs, 4 points de plus qu’au niveau national.

En revanche, il existe deux similitudes entre la Champagne-Ardenne et la France de province : un taux identique de créatrices (28 %) et un taux équivalent de création d’entreprise motivée par le souci de créer son propre emploi (64 % dans la région, 66 % en France de province).

Dernier point extrêmement important : d’ici à 2017, 16 000 chefs d’entreprise vont partir à la retraite en Champagne-Ardenne. Un sacré appel d’air pour les candidats repreneurs.

Télécharger l’enquête de l’Insee

A propos

La Marne est le département de la région où la part des reprises est le plus faible (13 %), celui où la proportion de femmes est la plus importante (32 %) et où la part des projets de 80 000 euros et plus est le plus élevé (18 %).
Il a été créé en tout 7 894 entreprises en Champagne-Ardenne en 2011, dont 4 637 sous le régime de l’auto-entrepreneur.

Vous aimez cet article ?

Thématiques

conjoncture / études / statistiques création / reprise emploi / recrutement investissements Région

Documents

fla12e260.pdf

PDF - 811.7 ko

Commentaires